Partir étudier un an à l'étranger. Avant même d'y être on essaie de se faire une idée de ce que la vie là-bas pourra bien être. Et, génération "Auberge Espagnole" oblige, ce qui vient à l'esprit en premier, c'est le mélange des nationalités, la fête, une ambiance de folie, une maison vivante. Quand en plus on apprend qu'on va partager une maison avec quatre colocataires étrangers à deux pas du campus, la vision se précise. Quand on arrive sur place et que l'accueil est assuré par l'International Welcome Week, que les soirées se succèdent à un rythme frénétique, on est définitivement convaincu qu'à part le climat, on l'a trouvée notre Auberge Espagnole.

Pour ma part un de mes grands regrets de cette année concerne mon chez moi. Oui, j'ai partagé une maison avec quatre colocataires de quatre nationalités différentes. Mais ça s'arrête là. Le fait que j'ai été dans une maison de postgraduates a sûrement joué. J'ai aussi sûrement ma part de responsabilité dans la non-atmosphère qui régnait dans ma maison, comme tous les autres.

Notre living room n'a jamais été vivant que quand j'invitais des amis à dîner, chacun mangeait dans son coin, mes colocs étant apparement plus à l'aise face à leur télé qu'à partager des moments ensemble.

Dans un ultime effort et pour ne pas totalement le regretter, j'ai proposé à mes colocs d'organiser un dîner tous ensemble. Oui, ça paraît assez pitoyable : nous n'avions jamais pris un repas en commun en un an de cohabitation. Et en bataillant pour organiser quelque chose qui convienne à tous, j'ai compris pourquoi. Avec certaines personnes rien n'est simple. Sans m'apesantir sur le paragraphe délation, entre Lisa qui ne veut pas louper un super film à la télé et AbdulAmid qui ne pouvait pas pour cause de match, ce dîner a été repoussé de jour en jour pendant deux bonnes semaines, et j'ai failli laisser tomber.

Enfin finalement on l'a fait, c'était sympa (pas non plus inoubliable, hein), Lisa avait fait une salade, AbdulAmid a ramené de la nourriture arabe achetée au take-away, Deng des desserts chinois, sortes de boulettes de riz fourrées, et j'avais fait une tarte aux pommes normande.

Et après presque 9 mois de cohabitation, vous allez enfin pouvoir mettre un visage sur mes joyeux lurons de colocataires...

Mes colocs

Deng (chinois), AbdulAmid (lybien), Lisa (hollandaise), Matthew (anglais).

Nous cinq

Les mêmes et votre serviteur.